Fondée sur une vision transversale entre protection de l’environnement et agriculture durable, l’idéologie d’AGRIPLAN BENIN consiste à promouvoir un modèle d’économie verte axé sur la sécurité alimentaire, la protection de l’environnement et l’écotourisme. Dans une perspective de développement agricole, nous avons choisi de porter la culture de la banane plantain au rang de culture de rente. Ce choix est motivé par deux facteurs principaux : le produit fruit et le potentiel écologique des dérivés du bananier plantain.

La banane plantain est un produit d’exploitation agricole bien consommé au Bénin. C’est l’une des cultures vivrières les plus appréciées en Afrique. Sa culture procure aux producteurs des revenus toute l’année. Aussi dans les zones urbaines et péri-urbaines, force est de constater que sa demande est en pleine croissance. Sur le marché de Cotonou seul, elle  est évaluée à plus de 31.000 régimes vendus par an. Et pour faire face à cette demande grandissante, nombre de grossistes importent la banane plantain du Nigéria en période de pénurie. Ce qui impact son prix de vente.

En période creuse (le plus souvent entre Avril et Août) elle coûte si chère que le régime tutoie cinq mille CFA. La flambée du prix de la banane plantain serait notamment liée à une pénurie occasionnée par un déficit de production au Bénin due au manque de structures agricoles de production de banane plantain et aussi causée par le défaut d’entretien des plantations de subsistance faites par  les agriculteurs. De plus la banane est à la base de nombreux mets Béninois et étrangers ce qui rend sa consommation très fréquente.  De là, la nécessité de satisfaire la demande en forte croissance.

Les tendances de ce secteur sont telles que, les producteurs locaux ne produisent pas dans l’intention de valoriser le produit, mais de faire des cultures de subsistance destinées à leur propre consommation d’abord puis à la vente comme produit de « luxe ». A des périodes données, elle coûte entre 1.800F et 5.000F/régime voire même plus selon le lieu d’achat. Les perspectives sont : l’avènement de structure agricole spécialisée dans la production de banane plantain, avec une forte capacité de production pouvant démystifier le produit sur le marché et le rendre accessible à tous.

En production intensive, un hectare de superficie permet de cultiver 2500 pieds de bananiers suivant un écartement de 2*2m. En production moins intensive, la même superficie permet de cultiver 1600 pieds suivant un écartement de 2,5*2,5m. Et pour une production non intensive, cette superficie permet de cultiver 1111 pieds de bananiers à raison d’un écartement de 3*3m. Les rendements par hectare sont donc déterminer en fonction du mode de production choisie. Dans tous les cas de figure, il est important de noter que la culture est à rendement élevé et peut être une véritable source de richesse lorsqu’elle est étendue sur une grande superficie. Les récoltes sont faites deux à trois fois par année, voire à quatre fois pour des plantations bien structurées et correctement entretenues.

Les dérivés du produit

Le fruit peut être consommé sous plusieurs formes : crue ou transformé. La consommation crue est bien connue et est la première façon de consommer la banane partout en Afrique. Toutefois, des dérivés peuvent être obtenus par transformation du fruit. Des chips de bananes sont faites artisanalement désormais et l’on en rencontre un peu partout. Au Nigéria et au Bénin, ils sont très appréciés et bien consommés. Les marchés de ses chips sont en plein essor dans les grandes capitales africaines ; parce que sous cette forme le produit est mieux conserver et peut plus durée qu’à l’état crue du fruit qui peut être avarié après quelques semaines. Ainsi, en mettant en place une unité semi-industrielle de transformation de la banane plantain en chips, un marché de demande croissante peut donc être satisfait.

Tout comme le fruit, la tige et la peau du bananier servent à fabrication d’emballage bio dégradable. Dans certains pays comme l’Ouganda, de jeunes entrepreneurs ont réussi déjà à mettre en place des techniques de production d’emballages biodégradables à base de peau de bananiers plantains. Ce potentiel longtemps inexploité parce que inconnu, ouvre la voie à un grand marché de consommation qu’est celui des emballages en Afrique. Un marché handicapé par les sachets en polyéthylène, résidus de pétrole et non bio dégradable. Cette alternative écologique qu’offre le bananier plantain contribuera de façon significative au maintien d’un environnement sain, dans un monde où chaque jour des tonnes d’emballages plastiques sont jetés dans l’environnement après usage. Plusieurs pays du continent  travaillent d’ailleurs à encourager l’usage des emballages bio dégradables au détriment des emballages dérivés du pétrole.

En conclusion, une plantation de bananier plantain offre plusieurs débouchés économiques à savoir : la commercialisation du fruit  à l’état crue, la transformation et la commercialisation du fruit en chips, la transformation et la commercialisation des peaux en emballage bio dégradable. C’est au regard de cette potentialité économique du bananiers plantain, que AGRIPLAN BENIN a  choisi de faire de la culture le cheval de bataille dans son modèle économique.

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